Six mois passés à analyser nos visites SAV. La conclusion est nette : la grande majorité des installations qui déçoivent ne souffrent pas d'un défaut machine, mais d'une étude bâclée en amont. Voici ce qu'on a vu, et ce qu'on en a tiré pour notre propre process.
Le surdimensionnement, premier coupable.
Sur 47 dossiers SAV traités en 2025, 38 % concernaient une PAC surdimensionnée. Conséquences ? Cycles courts répétés (la machine s'arrête et redémarre toutes les 10 minutes), usure prématurée du compresseur, COP réel effondré, factures à peine meilleures qu'avec l'ancien système.
Pourquoi tant d'installateurs surdimensionnent ? Parce que c'est plus rentable à court terme : une PAC plus puissante se vend plus cher, et garantit qu'on ne sera jamais "trop juste" en jour de gel. Le client est rassuré, l'installateur est protégé contre la réclamation. Tout le monde y gagne — sauf la facture annuelle.
L'audit thermique : trop souvent ignoré, presque toujours bâclé.
Un dimensionnement correct exige une étude des déperditions du bâtiment. Concrètement : surface, hauteur sous plafond, exposition, qualité d'isolation des murs, du toit, des fenêtres, type d'émetteurs existants, climat local.
En pratique, beaucoup d'installateurs se contentent d'une règle de trois : 100 W/m² pour une maison RT 2012, 130 W/m² pour une maison des années 80. C'est mieux que rien, mais ça ignore la spécificité de votre logement. Une maison plein sud bien isolée et une maison plein nord en passoire thermique avec la même surface n'ont rien à voir.
Ce qu'un vrai audit doit contenir
- Calcul des déperditions pièce par pièce sur logiciel certifié RGE (PerrenoudPac, BBS, ou équivalent)
- Mesure de la température réelle de loi d'eau sur les radiateurs existants — si vous chauffez à 75 °C, une PAC basse température ne marchera pas sans changer les émetteurs
- Étude de la nature des planchers et plafonds — souvent oubliée, alors qu'elle compte pour 20-30 % des pertes
- Simulation annuelle en tenant compte du climat local (DJU)
Le choix des émetteurs : l'erreur fatale.
Une PAC envoie de l'eau autour de 45-55 °C aux radiateurs, contre 70-90 °C pour une chaudière. Si vos radiateurs sont sous-dimensionnés (radiateurs anciens, petits, mal placés), la PAC ne pourra jamais chauffer assez. C'est la cause #2 des échecs qu'on voit en SAV.
Solution ? Soit on dimensionne plus large (radiateurs basse température, plancher chauffant), soit on change les émetteurs problématiques. Mais ça ne se voit qu'avec un thermomètre infrarouge et une visite sérieuse — pas en signant un devis envoyé par mail après un appel téléphonique.
Une PAC, c'est 60 % d'étude, 40 % de pose. Si on inverse les proportions, le client paie le déséquilibre toute la durée de vie de l'installation.
Notre process : ce qui change.
Chez Veridis, aucune commande de matériel n'est passée sans audit thermique formalisé. Pas d'estimation à la louche, pas de "on prendra la 14 kW au cas où". Cela rallonge le délai entre premier contact et début de chantier — comptez 3 semaines au lieu d'une — mais cela divise par cinq le taux de SAV à 1 an.
À retenir
Avant de signer un devis PAC, demandez le détail du dimensionnement : déperditions calculées, puissance frigorifique retenue, hypothèses sur les émetteurs. Si on vous répond évasivement, fuyez.
L'audit n'est pas un luxe administratif, c'est le seul moyen de garantir qu'on vous installe la bonne machine, à la bonne taille, sur des émetteurs compatibles. Tout le reste, c'est de la chance.